Intermède en attendant Godot

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«On n’était pas du même bord […]
Mais on cherchait le même port»
– Jacques Brel




Lors d’une relative jeunesse, celle d’une vie ou celle d’une époque, on a sans doute tout intérêt à explorer, s’approprier et maîtriser une philosophie de type existentialiste, de même qu’il n’est pas inutile d’explorer tout ce qu’implique dans sa foulée le «paradoxe de l’authenticité», que l’on retrouve articulé, par exemple, chez Sartre.


Lorsque vient le temps de prendre place dans un univers socioculturel et d’y interagir, les existentialismes et leurs philosophies de la conscience ayant leur angle mort, on a alors sans doute avantage à explorer et apprivoiser des philosophies s’intéressant aux structures, en regardant du côté d’un Foucault, d’un Lévi-Strauss ou d’un Marx, par exemple.


Lorsque l’on vit dans un univers de sens qui est aussi façonné de discours de type scientifique, on a sans doute intérêt à aussi explorer des philosophies de la connaissance, comme Popper, Bachelard et bien d’autres épistémologues.


Lorsque le passage du temps se sédimente, on a sans doute alors quelque chose de bénéfique à retirer du stoïcisme.


Tantôt on cherche le Nord, tantôt on cherche des vérités, tantôt des chemins praticables, tantôt on fraye.


Lorsqu’il semble que ces passages ne sont pas uniques, on peut songer au mythe de Sisyphe. Ou encore, on peut songer à la tension entre Héraclite et Parménide. Le «Différant» et le «Meme».


Et encore, pour reprendre les mots de Sénèque, «Nous pouvons discuter avec Socrate, douter avec Carnéade, nous reposer avec Épicure, vaincre la nature humaine avec les stoïciens, la dépasser avec les cyniques.» (De la brièveté de la vie)


Et lorsque l’on lit les lignes du présent billet, doit-on se tourner vers une métaconception de type nietzschéenne? Ou vers Hadot? Ou encore vers des philosophies pragmatiques? Ou vers une position s’apparentant à celle de Socrate? Ou vers…?


Monsieur, un autre espresso en attendant Godot, s’il-vous-plaît.

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Commentaires

4 réponses à “Intermède en attendant Godot”


  1. Gilles G. Jobin
    8 octobre 2007
    @ 7 h 44 min

    « Et lorsque l’on lit les lignes du présent billet… »
    on se dit, «Heureusement que l’Internet existe.»
    Grand merci M. Létourneau pour votre billet qui permet d’attendre Godot un peu moins seul :-)


  2. Patrice Létourneau
    8 octobre 2007
    @ 15 h 17 min

    Un grand merci à vous, M. Jobin, pour ces mots qui font plaisir!


  3. Dany Roy-Robert
    29 octobre 2007
    @ 2 h 31 min

    En si peu, tant ?!?
    Voilà, se tourner vers… je ne sais, mais se retourner, il semble qu’ici ce ne le soit pas moins.


  4. Patrice Létourneau
    29 octobre 2007
    @ 3 h 04 min

    Bienvenue par ici, Dany. ;-)

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